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Prix Nicole Bagarry-Karátson - 18/02/2008
Destiné à perpétuer le souvenir de Nicole Bagarry-Karatson traductrice et à encourager la traduction d’œuvres littéraires composées en langue hongroise (quel que soit le pays de publication) par des traducteurs de langue maternelle française, le prix, d’un montant de 2000 euros, a été fondé en 2003 dans le cadre de l’Association des amis de l’Institut Hongrois.
Le jury constitué d’universitaires et de traducteurs vient de le décerner la cinquième fois. Lauréats précédents : 2003 : Marc Martin pour La mort seul à seul (Esprit des Péninsules) de Péter Nádas ; 2005 : Chantal Philippe pour La porte (Viviane Hamy) de Magda Szabó ; 2006 : Françoise Bougeard pour Ennemi public d’István Tasnádi ; 2007 : Joëlle Dufeuilly pour La mélancolie de la résistance (Gallimard) de László Krasznahorkai. C’est Clara Royer qui l’a obtenu cette année, la cérémonie de la remise a eu lieu le 15 février à l’Institut Hongrois.
Mademoiselle Royer a traduit le recueil de nouvelles Miséricorde (Irgalom, 1937) de Károly Pap (1897- mort en déportation, 1944). Connu en France seulement par son roman Azarel (Mercure de France, 2003) l’auteur fut un des prosateurs les plus prometteurs des lettres hongroises entre les deux guerres, un écrivain hors du commun par son esprit, son écriture, sa personnalité. Esprit radical , révolté en quête de rédemption spirituelle et sociale, critique envers l’institution religieuse, celle de son père, grand rabbin promoteur d’assimilation pour les Juifs. Comme Bruno Schultz ou Israël Joshua Singer, Pap met en scène le monde de son enfance avec une force d’évocation saisissante au cours de narrations où, d’une manière originale, le suspens naît souvent des interrogations troublantes du jeune âge. Il est à espérer que les droits de succession seront réglés sans trop de retard pour que les lecteurs puissent découvrir ce livre tonique et que la traduction de cette œuvre majeure continue.
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